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Patrimoine-culturel_Tour-isle1 (669)

Patrimoine militaire

Ville fortifiée dès l'époque gallo-romaine, la capitale dauphinoise s'agrandira à plusieurs reprises jusqu'à la fin du XIXème siècle. Elle a gardé jusqu'à nos jours de nombreux témoignages de ses différentes phases d'agrandissement.

Vestiges de l’enceinte gallo-romaine

Grenoble, XVIème siècle
Grenoble, XVIème siècle

Grenoble a conservé de nombreux vestiges de sa première enceinte urbaine. Les lieux où l'on peut encore l'observer aujourd'hui sont les suivants :

- Entrée de la rue Lafayette, côté rue de la République : section de courtine et tour semi cylindrique
- Hôtel de Lesdiguières, côté rue Hector Berlioz : Base de la tour de la Trésorerie, ancienne tour de l'enceinte.
- Jardin de Ville : deux sections de courtine dont celle surmontée par la treille du grand père de Stendhal.
- Sous-sol du musée de l'ancien Evêché dans l'espace archéologique : tour semi cylindrique, courtine, poterne et fondation d'une tour de la porte Viennoise (ancienne Porte d'Hercule).
- Chevet de la cathédrale Notre-Dame : courtine et tour de l'enceinte.

 

enceinte gallo-romaine, Grenoble centre
enceinte gallo-romaine, Grenoble centre

Edifiée à la fin du IIIème siècle sous le règne des empereurs Dioclétien et Maximien (entre 286 et 293), l'enceinte gallo-romaine était longue de presque 1,5 km, comptait 39 tours semi cylindriques et deux portes. Protégeant une surface urbaine de 9 ha, elle jouait autant le rôle d'une enceinte de défense que celui d'une enceinte de prestige. Sa construction aurait en effet marqué le nouveau statut de « civitas », c'est-à-dire de capitale administrative, que Dioclétien lui avait conférée.

La construction du rempart romain fut très soignée. La majeure partie du rempart, d'une largeur d'environ 4 mètres, était constituée d'un blocage de morceaux de roches calcaires, de galets et de tuileau liés par un mortier très dur.

Un bel appareillage de petits blocs de calcaires soigneusement équarris formait le mur de parement. Ce mur était lui-même recouvert d'un enduit. Dans la ville, seul le blocage de pierres est aujourd'hui visible. Les pierres taillées du mur de parement ont disparu lors des différentes phases d'agrandissement de la ville, récupérées et réutilisées par les Grenoblois.

Chemin de ronde du chevet de la cathédrale

Dans le cadre de la grande campagne de reconstruction et de d'agrandissement de la cathédrale, vers le milieu du XIIIème siècle, le chevet fut réédifié le plus loin possible et donc en grande partie sur la muraille gallo-romaine.


Cette situation, qui ne permettait plus à la garde de la ville de circuler le long du rempart, rendit nécessaire la construction d'un chemin de ronde au sommet de l'abside de la cathédrale.
Edifié en brique au XIVème siècle, ce chemin de ronde est percé de meurtrières.

Suivant l'évolution de l'artillerie et notamment l'apparition du mousquet, les meurtrières furent elle-même modifiées au XVIème siècle par l'adjonction de bouches à feu de forme circulaire.

Tour de l’Isle et vestiges de la citadelle de Lesdiguières

Tour de l’Isle, Grenoble
Tour de l’Isle, Grenoble

Seul vestige marquant des fortifications médiévales de Grenoble encore visible aujourd'hui, édifiées à partir de 1374 à l'est de la vieille ville pour protéger l'ancien faubourg de l'Isle, la tour de l'Isle fut achevée en 1418.
Cette construction massive et de forme rectangulaire, surmontée par des mâchicoulis, reste avant tout un édifice défensif de conception rudimentaire.
Mais elle accueillit très rapidement les réunions du Conseil de Ville et les archives municipales dont faisait partie le célèbre livre de la chaîne.
Il s'agit du livre dans lequel étaient consignés les chartes, libertés, privilèges et franchises de la ville de Grenoble et qui était fixé au mur par une chaîne de fer, afin d'en prévenir le vol. La tour de l'Isle fut ainsi en quelque sorte le premier hôtel de ville

 

Dès son arrivée à Grenoble, en 1591, le duc de Lesdiguières réquisitionna la tour et la transforma en arsenal tandis qu'il édifiait tout autour une citadelle militaire, dont subsistent encore aujourd'hui, à proximité immédiate, deux sections de murailles garnies de courtes meurtrières ainsi qu'une élégante échauguette, à l'angle du quai Jongkind et de la place Lavalette. C'est à cette époque que furent percées les fenêtres à meneaux plats que l'on observe toujours sur les façades de la tour.
Depuis 1994, la tour est reliée par une passerelle moderne au musée de Grenoble, dont elle est une extension.

Elle accueille régulièrement des expositions temporaires.

Porte de France

Porte de France, Grenoble
Porte de France, Grenoble

La nouvelle enceinte bastionnée, construite par le duc de Lesdiguières entre 1591 et 1620, comptait cinq portes.

La Porte de France, entrée solennelle de Grenoble, achevée en 1620, sera la dernière construite et également la plus ornée.
Jacob Richier, sculpteur favori de Lesdiguières, réalisera en effet sur la façade extérieure de beaux bas-reliefs avec trophées militaires.
La façade intérieure, côté ville, est restée plus sobre.

L'ancien passage sous la porte abrite aujourd'hui le monument aux morts de la ville de Grenoble.
Edifice classé en 1925

Porte Saint Laurent

Porte Saint Laurent, Grenoble
Porte Saint Laurent, Grenoble

Seconde porte de la ville préservée parmi les cinq portes que comptait l'enceinte du XVIIe, la Porte Saint Laurent fut édifiée en 1615 et permettait de gagner la Savoie par la rive droite de l'Isère dans la vallée du Grésivaudan.
Incluse dans les nouvelles fortifications casematées construites vers 1830 par le général Haxo et sauvée de la destruction, dans la deuxième moitié du XIXème siècle, par la réalisation des quais de l'Isère qui ont ainsi accueilli les flux de circulation, la Porte Saint Laurent est toujours un bel exemple d'architecture défensive du XVIIème siècle.

A cet égard, la façade extérieure, côté La Tronche, est la plus intéressante. On y observe toujours le mâchicoulis protégeant le passage voûté et les deux bretèches destinées à défendre les portes piétonnières.

La porte Saint Laurent est la seule également à avoir conservé ses lourds vantaux de bois, datés du XIXème siècle.

Jusqu'en 1864, les portes de la ville étaient fermées de 22h00 à 7h00 du matin. La porte Saint Laurent, elle, était ouverte dès 5h00 du matin.
Edifice inscrit en 1931

Poudrière de Vauban, 10 rue du Commandant l’Herminier

Poudrière de Vauban, 10 rue du Commandant l’Herminier
Poudrière de Vauban, 10 rue du Commandant l’Herminier

Si Vauban n'a jamais eu l'occasion de bâtir à Grenoble les importantes fortifications dont il avait dressé les plans, il a néanmoins pu édifier deux poudrières dont une seule subsiste aujourd'hui.

Il s'agit de la poudrière Est, construite à partir de 1698 au cœur de l'ancien bastion de Morges.
Elle consistait principalement en une vaste salle de stockage protégée par des murs de très grande épaisseur.

Si les faces latérales, avec leurs massifs contreforts, sont bien d'origine, la façade principale de la poudrière fut remaniée au XIXème siècle par le général Haxo.

Un grand mur fut érigé à l'avant de la façade avec décalage de l'axe des portes afin de créer un sas d'entrée et d'éviter une entrée directe à l'intérieur de la poudrière.
Edifice inscrit en 1973

Vestiges des fortifications Haxo

Vestiges des fortifications Haxo
Vestiges des fortifications Haxo

Lorsque dans les années 1820 l'armée décide la construction d'une nouvelle enceinte en remplacement des fortifications des ducs de Lesdiguières, Hugues Berriat, maire de Grenoble, obtient après d'âpres discussions, que la ville puisse profiter de cette occasion pour s'agrandir. Les nouvelles fortifications, érigées sous le contrôle du général Haxo entre 1830 et 1840 permettent ainsi de doubler la superficie de Grenoble, au sud.

Plusieurs vestiges des ces fortifications du XIXème sont encore visibles à l'est de la ville :
- Le long du Parc Michallon, plusieurs sections du mur d'enceinte sont préservées. Le rempart se prolonge jusqu'à l'Isère en traversant les bâtiments du musée de Grenoble qui l'ont englobé.

- Plus au sud, un bastion entier est conservé, et ceci jusqu'à l'ancienne Porte Très-Cloître, dont la partie nord est toujours existante, du côté de la rue Malakoff. Construite vers 1840, la Porte Très-Cloître avait été modifiée à la fin du XIXème siècle. Le passage avait été élargi et des grilles avaient remplacé les anciennes portes de bois.

Ancien Hôtel de la Division (actuel Hôtel des Troupes de Montagne), place de Verdun

Hôtel des Troupes de Montagne, place de Verdun
Hôtel des Troupes de Montagne, place de Verdun

En 1860, après le rattachement de la Savoie et grâce aux efforts du maréchal Randon, grenoblois d'origine et ministre de la Guerre de Napolèon III, Grenoble redevient le siège d'une division militaire. L'armée fait alors construire, de 1864 à 1868, un siège prestigieux pour accueillir l'état major de la nouvelle 27ème division.

François Delarue, architecte parisien, conçoit alors un superbe édifice, véritable copie d'un hôtel particulier du XVIIIème siècle.
L'escalier d'honneur mène au premier étage où petit salon, grand salon reçoivent une belle décoration de style Louis XV.

La salle à manger présente un des rares et précieux décors néo-pompéiens de la région Rhône-Alpes.
Un jardin, agrémenté d'une fontaine néo-baroque avec putto, est aménagé à l'arrière du bâtiment.

Vestiges des fortifications nord-ouest, Route de Lyon et rue de la Résistance

Ces fortifications de pierres, construites de 1879 à 1884 furent les dernières réalisées à Grenoble.

Elles complétaient le système défensif de la ville et s'étendaient de la Bastille jusqu'au Drac, du côté nord-ouest de Grenoble.

Sont conservées aujourd'hui, plusieurs sections de courtine avec un petit poste de garde (côté Route de Lyon) et dans le prolongement, une partie de la porte de la ville, rue de la Résistance.

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