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Au sous-sol du Musée de l'Ancien Evêché se visitent depuis février 1999 les remarquables vestiges archéologiques de l'enceinte gallo-romaine et du baptistère des premiers temps chrétiens, magnifiquement restaurés et mis en valeur après une longue campagne de fouilles.
La muraille gallo-romaine
40 mètres du premier rempart de la ville, édifié à la fin du IIIème siècle, se découvrent au visiteur, depuis une tour semi cylindrique de l'enceinte jusqu'à la Porta Herculea (Porte d'Hercule, dénommée Porte Viennoise au Moyen Âge), l'une des deux portes principales de la ville, dont seules les fondations subsistent encore aujourd'hui.
Bien conservé, le rempart présente en grande partie son appareillage d'origine hormis quelques reprises de l'époque médiévale.
A plusieurs endroits, il est même encore possible d'observer des vestiges de l'enduit qui le recouvrait.
Les fondations du rempart prenaient appui sur des pieux de chêne, dont quelques exemplaires sont exposés.
Le circuit de visite permet « d'entrer dans la ville » et de gagner le baptistère en franchissant l'antique poterne d'origine, passage piéton pratiqué à travers le rempart, et bâti à proximité immédiate de l'ancienne Porte d'Hercule.
Le visiteur d'aujourd'hui emprunte ainsi le chemin que parcourraient à l'époque gallo-romaine tous les habitants de la ville, les marchands et voyageurs lorsqu'ils pénétraient dans la ville à pied.
Contre le rempart, côté « ville », les vestiges de bâtiments ont été mis au jour.
Leur destination n'est pas connue.
Vraisemblablement édifiés à la même époque, il est fort probable que leur utilisation fut liée à celle du baptistère.
le baptistère
Mis au jour lors de la construction de la deuxième ligne de tramway en 1989, les vestiges du baptistère de la cathédrale se sont révélés être une découverte majeure.
La qualité de conservation de ces vestiges, et notamment de la cuve baptismale et du sol dallé demeuré en grande partie dans son état d'origine, a permis de mieux comprendre et appréhender la configuration et l'évolution architecturale du baptistère.
Dans sa configuration initiale, datée de la fin du IVème, début du Vème siècle, le baptistère de Grenoble était de plan presque carré.
Un dallage de marbre blanc entourait la cuve baptismale à huit pans et profonde de 75 cm.
Le sacrement du baptême était alors pratiqué par immersion totale, une fois par an, le samedi de Pâques.
Au Vème siècle, une abside en hémicycle fut édifiée du côté est.
Plusieurs centaines de tesselles de verres colorés retrouvées sur le site, dont certaines pourvues d'une feuille d'or, permettent d'imaginer quel pouvait en être le décor mural.
Au cours du VIème siècle, trois autres absides vinrent s'appuyer sur les murs du baptistère, lui conférant son plan si caractéristique. Le sol de ces absides, recouvert de dalles de brèche rose, est en grande partie encore conservé.
La cuve baptismale, réduite dans ses proportions et en profondeur, devient pentagonale.
Un baldaquin reposant sur 5 fines colonnes la surmontait.
L'eau jaillissait par l'intermédiaire d'une colonnette centrale creuse et retombait sur le baptisé. Le baptême se faisait alors par aspersion.
Le socle de la colonnette centrale, le tuyau d'adduction d'eau en plomb ainsi qu'une grande partie des dalles calcaires autour de la cuve sont toujours en place.
Les fouilles archéologiques du site ont également permis de dégager plusieurs vestiges de salles annexes du baptistère.
Seuls autorisés à administrer le sacrement de baptême à l'origine, les évêques déléguèrent ce rôle à partir du VIIème et VIIIème siècle à des prêtres.
Les baptêmes se feront ensuite sur les fonts baptismaux dans la cathédrale et le baptistère sera alors démoli.
L'ancienne église paroissiale Saint Laurent et ses proches abords constituent un site archéologique complexe, unique en Europe et dont les parties les plus anciennes remontent à l'Antiquité et à la période du Haut Moyen Âge.
Important site de nécropoles, Saint Laurent est un lieu incontournable pour la découverte et l'étude des rites funéraires et modes d'inhumation, des premiers temps chrétiens au XVIIIème siècle.
Plus de 1500 sépultures ont en effet été mises au jour.
Parmi les plus anciennes figurent 8 mausolées datés des IVème et Vème siècles.
L'un deux, unique en France, a conservé son décor intérieur de peintures murales représentant des faux marbres.
Le joyau du site est sans conteste la crypte Saint Oyand, vestige d'une église funéraire construite au début du VIème siècle en forme de croix grecque et dont chaque branche comportait trois absides, symbole de la Sainte Trinité.
Si les parties hautes de l'église furent détruites à l'époque carolingienne, l'aile Est de la crypte s'est conservée jusqu'à nos jours.
Elle fut ornée au VIIème siècle d'une colonnade comptant 20 colonnes en brêche de Vimine, conglomérat de Bourdeaux ou en marbre blanc (Savoie), remplois de l'époque antique.
Les colonnes sont surmontées de chapiteaux et tailloirs en calcaire des Baux de Provence ou en marbre blanc avec un remarquable et riche décor sculpté, caractéristique de l'iconographie chrétienne du VIIème siècle : palmiers, dattiers, agneaux, colombe, griffons et canthares, vases antiques dont s'échappent des rinceaux de feuillages, symboles de la Résurrection.
L'actuelle église Saint Laurent a remplacé vers 1150 l'église carolingienne précédente, elle-même édifiée à l'emplacement de l'église funéraire.
A partir du XIème siècle, le site avait changé de destination avec l'implantation de moines bénédictins issus de l'abbaye de Saint Chaffre en Velay dont le père abbé était apparenté avec l'évêque de Grenoble.
Les bénédictins fondèrent le prieuré Saint Laurent et réédifièrent leur église vers 1150.
Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, le prieuré fut supprimé et Saint Laurent devint église paroissiale et le siège d'un chapitre dédié à Saint Paul et Saint Laurent.
Si le clocher de l'église fut reconstruit au XVIIème siècle, les parties hautes de l'abside ont conservé leur décor d'origine, du XIIème siècle.
Les arcs des baies du chœur retombent sur de fines colonnettes aux chapiteaux sculptés.
A la base du toit, les modillons sculptés représentent différents volatiles, têtes d'animaux ou visages humains.
Deux serpents sculptés sont également visibles.
Contre le clocher s'élève toujours un vestige des fortifications du XIVème siècle, l'un des rares témoignages des fortifications de cette époque à Grenoble.
A partir de 1977, l'église et ses abords immédiats, dont l'emplacement de l'ancien cloître, font l'objet de plusieurs campagnes de fouilles archéologiques.
L'ampleur et la richesse des découvertes rendront nécessaire la désacralisation de l'église paroissiale en 1983.
Le site pourra ainsi devenir par la suite le musée archéologique Eglise Saint Laurent.
Le site est fermé pour travaux jusqu'à fin 2010.
Les travaux en cours consistent entre autres à l'édification d'une toiture protégeant l'espace du cloître et à la création d'un espace d'exposition pour la collection d'objets découverts lors des fouilles.
La crypte fut classée le 26 février 1850. L'ensemble du site (église et abords) fut classé le 10 août 1977.
