Découvertes |
curiosités00C (1676)

Curiosités

Grenoble insolite

Du centre historique à la Place Saint-André en passant par la Place Notre-Dame, soyez au rendez-vous de l'Histoire, des anecdotes et des intrigues, à l'ombre des cours intérieures.
Découvrez les richesses du coeur ancien de Grenoble et des personnages illustres ou méconnus qui y ont vécu.

Rez-de-chaussée en pierre du coeur de ville

Une des caractéristiques de la ville ancienne de Grenoble est la présence systématique de rez-de-chaussée en pierres de taille.
Cette présence n'est bien sûr nullement due au hasard.

Depuis son origine, la ville a été exposée aux crues de l'Isère, d'ailleurs souvent combinées avec celles du Drac.
Les crues ayant lieu majoritairement en automne, elles laissaient ainsi s'infiltrer dans les demeures l'humidité qui y restait tout l'hiver.

Les maisons d'origine modeste, non bâties en pierre, voyaient leur stabilité affaiblie. Les effondrements n'étaient pas rares.

Après la terrible crue des 14 et 15 septembre 1733, le Bureau des Finances du Parlement qui s'occupait des questions d'urbanisme, imposait que tous les rez-de-chaussée des maisons de Grenoble seraient dorénavant obligatoirement édifiés en pierre.

Cette règle fut respectée à Grenoble jusqu'au début du XXème siècle.
La plupart du temps, la pierre utilisée est la pierre calcaire du Fontanil.
Grâce au règlement défini par la ZPPAUP de Grenoble, les restaurations et ravalement des façades permettent de mettre particulièrement en valeur ces rez-de-chaussée de pierre ainsi que les entresols qui souvent les surmontent.

 

Lambrequins

Les façades grenobloises présentent deux particularismes qui sont d'ailleurs étroitement liés : une absence quasi générale de volets extérieurs et la présence de pièces de métal ouvragé, dénommées lambrequins, ornant le linteau des fenêtres, présence qui intriguent souvent les visiteurs et touristes.

Effectivement, rares sont les maisons, au cœur de la ville, équipées de volets extérieurs.

Cela s'explique par le fait que, traditionnellement, toutes les demeures grenobloises étaient munies de volets intérieurs en bois.
Nombreuses sont celles qui en possèdent encore.


Au XIXème siècle, la mode des stores vénitiens fait se multiplier ce nouveau système qui consiste en de larges lamelles de bois reliées par des cordelettes et que l'on abaisse ou relève.
C'est pour cacher les stores vénitiens repliés, jugés disgracieux en façade, que les Grenoblois firent appliquer des lambrequins sur la partie supérieure de leurs fenêtres.

Les lambrequins sont généralement en fonte, mais ils peuvent être aussi en tôle de fer ou même en bois.
Le terme « lambrequin » vient originellement de la décoration d'intérieur.

Il s'agit d'une étoffe constituée d'une bordure à festons, souvent garnie de franges ou de pompons qui orne une galerie de fenêtre ou un ciel de lit.


Très présents sur les façades fin XIXe, les lambrequins sont devenus un élément d'ornementation très apprécié.
Mais leur présence interdit toute installation de volet extérieur.
C'est la raison pour laquelle, ils ont souvent disparu lors de restaurations de façades peu soucieuse de la préservation du patrimoine.
La ville de Grenoble n'a pas l'exclusivité des lambrequins qui s'observent également dans d'autres villes, dont Lyon et Toulouse.

 

Ferroneries anciennes

Capitale de l'ancienne province royale du Dauphiné, siège du parlement, Grenoble fut sous l'Ancien Régime le lieu de résidence de nombreuses familles nobles et aisées.

De cette époque, la ville a préservé un riche patrimoine de fer forgé avec d'intéressantes réalisations de maîtres serruriers grenoblois des XVIIème et XVIIIème siècles.


De belles impostes en fer forgé, datées de la seconde moitié du XVIIe siècle, se découvrent rue de Bonne, place Sainte Claire, rue du palais, quai Stéphane Jay.
Les impostes intègrent souvent la date de construction, elle-même réalisée en fer forgé. C'est le cas pour le n°3 de la rue du palais (1670).

De nombreuses façades ont gardé leurs élégants garde-corps XVIIIe, souvent ornés de feuillages, rue Barnave (n°22), rue Brocherie (N°2, 4 et 6), rue Chenoise, rue Lesdiguières, rue Renauldon (n°7), place Notre Dame.

L'Hôtel de Lesdiguières présente toujours son grand balcon (XVIIIe).
Place Saint André, face à l'ancien parlement, les garde-corps (XVIIIe) des façades restaurées ont été mis en valeur par la dorure d'une partie de leur décor, opération effectuée dans le cadre de la ZPPAUP.

De belles grilles, également du XVIIIème siècle, ornent le Jardin de ville.

Celles situées face à l'Hôtel de Lesdiguières remontent au début du siècle alors que celles du portail donnant sur la rue Montorge, de style Louis XVI, furent réalisées à la fin du siècle.

Nombreux sont les escaliers à rampe en fer forgé au sein des demeures et hôtels particuliers grenoblois.

Mais ceux-ci ne sont généralement visibles que dans le cadre de visites guidées. L'escalier d'honneur de l'ancien palais épiscopal (actuel Musée de l'Ancien Evêché), construit en 1673, est quant à lui accessible librement pendant les heures d'ouverture du musée.

Un des joyaux de fer forgé de la ville ancienne est sans conteste la grille de la sacristie de la collégiale Saint André située du côté du chevet, à l'est.

Datée du XIVème ou XVème siècle, elle reste une énigme et une prouesse technique quant à sa réalisation.

Dans une grille classique, toutes les barres de fer carrées horizontales traversent les barres carrées verticales et ceci, notamment sur la partie plate des barres.

Dans le cas de la grille de Saint André, il y a toutes les trois ou quatre barres de réguliers changements de sens, à la manière d'une étoffe tissée.

C'est-à-dire que les trois premières barres horizontales pénètrent bien dans les trois premières barres verticales.
Mais ensuite, ce sont les trois barres verticales suivantes qui pénètrent dans les trois premières barres horizontales et ainsi de suite.

De plus, les barres ne se croisent pas sur leur partie plate mais sur leur angle.

Aujourd'hui encore, les professionnels du travail du fer s'interrogent sur la manière dont a pu être réalisée cette grille dont la solidité est à toute épreuve.

 

Boulet de canon, Jardin des Dauphins

Le Jardin des Dauphins, sous sa forme actuelle, a été totalement réaménagé et ouvert au public en 1909.

C'est le Syndicat d'initiative de Grenoble qui fit faire ces importants travaux dans le cadre des fêtes de son vingtième anniversaire.

Lors du réaménagement du jardin, un ancien boulet de canon fut découvert et encastré dans la roche.

La présence d'un boulet en cet endroit ne doit pas étonner car il s'agit d'un ancien site militaire de fortifications.

D'abord aménagé par le duc de Lesdiguières à la fin du XVIème siècle, le site fut remanié par le général Haxo dans les années 1830 et déclassé militairement seulement au début du XXème siècle.

 

Impact d’un boulet austro-sarde, rue Joseph Fourier

L'encadrement d'une ancienne porte en pierre de Sassenage, encastré dans des bâtiments récents du lycée privé Pierre Termier a conservé les traces de l'impact d'un boulet austro-sarde.

Ce vénérable vestige est un témoignage de l'attaque et du siège de la ville par les troupes austro-sardes début juillet 1815.
Dès le 5 juillet, les troupes ennemies avaient pris position autour de la ville.

Les combats violents ont eut lieu le lendemain, 6 juillet, dès 6 heures du matin et le feu n'a cessé qu'à 11 heures.
Les batteries grenobloises placées sur les remparts avaient fait un mal incalculable.

Plusieurs centaines de soldats ennemis étaient hors de combat.
Un armistice demandé par l'ennemi a été accepté et conclu jusqu'au 9 juillet à midi.

Le 9, la ville de Grenoble capitulait officiellement.
Le retour du roi de France Louis XVIII à Paris était annoncé.

 

Décors de ciment moulé

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, un nouveau matériau fait son apparition à Grenoble pour l'ornementation des façades des immeubles d'habitation de Grenoble. Il s'agit du béton, dont l'appellation courante à l'époque était celle de « ciment moulé ».

L'utilisation précoce du béton n'est pas due au hasard.
Grenoble et le département de l'Isère sont en effet très tôt l'un des berceaux de l'industrie cimentière de France.

Dès les années 1842/43, à quelques centaines de mètres à peine du centre historique de Grenoble, près de la Porte de France, une cimenterie commençait la production d'un ciment d'excellente qualité et réalisé à partir de roches calcaires extraites à proximité, le ciment naturel prompt.

Contenant 24% d'argile, ces calcaires étaient parfaits pour la production d'un ciment hydraulique pouvant prendre en milieu humide, selon les formules énoncées par Louis Vicat en 1818 dans son traité des liants hydrauliques.




Le ciment naturel prompt eut rapidement de nombreuses utilisations, dont la réalisation d'ornements pour façades. 

Consistant en une poudre extrêmement fine, il autorisait les moulages les plus audacieux pour tous les caprices de l'ornementation et la possibilité d'obtenir un poli parfait et toutes les imitations de marbre.

Le coût d'un moulage était également bien inférieur à celui de la pierre ordinaire taillée, 25 fois moins élevé!
De nombreuses sociétés de moulage proposaient dans leurs catalogues un grand choix de pièces préfabriquées.

Ceci explique l'extraordinaire richesse et la variété des décors existants, dont les programmes étaient librement établis par les architectes ou propriétaires.
Certains architectes, tels Alfred Berruyer ou Chatrousse et Ricoud s'intéressèrent particulièrement au ciment moulé et contribuèrent à diffuser son emploi.


Ce sont ces deux derniers architectes qui édifièrent les deux prestigieux immeubles de la rue Félix Poulat : l'immeuble aux éléphants (n°6, ancien siège de la cimenterie Berthelot)) et son voisin, l'ancien Grand Hôtel Moderne (n°8).

Hormis les rez-de-chaussée et entresols, bâtis en pierre, l'ensemble des ornements de façade est réalisé en ciment moulé.

Plus l'on se dirige vers l'ouest de la ville, vers le quartier Berriat/Saint Bruno, plus l'emploi du ciment moulé se généralise, investissant même les rez-de-chaussée.

Voici quelques exemples de façades en ciment moulé : ancien siège des cimenteries de la Porte de France (n°28 avenue Alsace-Lorraine) ; ancien hôtel particulier des gantiers Perrin (n°1 rue Guy Allard) ; Immeuble de rapport (n°10 place Notre Dame) ; maison (n°35 rue Nicolas Chorier).

Le joyau des édifices de ciment moulé demeure la « Casamaures » à Saint Martin le Vinoux (n°8bis avenue Général Leclerc).

Ce mini palais de style orientaliste, l'un des plus anciens édifices de ciment moulé d'Europe, fut bâti à partir de 1855 pour un riche industriel grenoblois.

Cet étonnant édifice, avec ses 52 colonnettes en façade, ses arcs outrepassés, est classé monument historique depuis 1986 et ouvert à la visite.

 

Bornes de la crue de 1859

La ville de Grenoble, traversée par l'Isère et le Drac, a été soumise depuis son origine aux terribles régimes de crue de ces deux rivières.
Malgré la construction des quais de l'Isère à Grenoble achevée vers 1869, l'endiguement du Drac totalement réalisé vers 1878 et l'endiguement complet de l'Isère sur l'ensemble de son cours à travers le département, terminé en 1972, le risque de crue n'est pas complètement écarté.

La crue de référence, dont les données statistiques ont servi à l'élaboration du plan de défense des crues, est celle du 2 novembre 1859.
Cette crue, qui dura deux jours et envahit toute la ville, fut la plus considérable et dévastatrice qu'ait connue la ville depuis le XIXème siècle.
Elle a été provoquée par de très importantes pluies dans la région tout au cours du mois d'octobre 1859 faisant dramatiquement monter le cours de l'Isère et de ses affluents.


Le 1er novembre, un vent très chaud venant du sud, a accéléré la fonte des neiges et aggravé la situation.
En cours de journée, l'eau a pénétré dans la ville.
Le lendemain, 2 novembre, vers 15h, l'eau était présente partout et continuait de monter jusqu'à 20h.
De 30cm à 1,85m d'eau avait alors envahi les rues de la ville, avant que s'amorce la décrue.

Cette terrible crue a beaucoup marqué les esprits et dans les années 1880, la ville de Grenoble a fait placer une trentaine de repères de crue en fonte pour rappeler aux Grenoblois les hauteurs d'eau atteintes en 1859.
Ces repères de fonte sur lesquels figure l'inscription en relief « crue de l'Isère » ont été placés en de nombreux points des quartiers anciens et XIXe.
Dans les années 1880 ont également été placés dans la ville 122 repères circulaires en fonte, de type Bourdalouë, précisant les côtes d'altitude.
Seuls 19 repères sont aujourd'hui conservés.

 

Horloge solaire de l'ancien collège des Jésuites

Un patrimoine exceptionnel vous attend au premier étage de l'escalier d'honneur de l'ancien collège des Jésuites de Grenoble, actuel lycée Stendhal.

Créée en 1673 par le Père Jean Bonfa, l'horloge solaire est un extraordinaire cadran à réflexion fournissant de très nombreuses informations, dont une grande partie est lièe à l'astrologie.

Venez découvrir ce remarquable témoignage, aujourd'hui unique au monde, de la science des pères jésuites du XVIIème siècle.

 

Porte palindrome

Berge 2000: projections d'oeuvres de lumière d'artistes contemporains

 
Votre barre d'outils Diminuer la taille de la policeAugmenter la taille de la police!!contraste_augmente!!Supprimer l'ensemble de la personnalisation Pour imprimer le document, utilisez les fonctionnalités de votre navigateur. Envoyez à un ami Partager sur Netvibes Partager sur Facebook