Dernière étape du GR®738 : De Chamrousse à Vizille, entre montagne et retour au réel
Posté par Céline BAUDIN le 7 août 2025 à 14:21


Par Alice de Grenoble Alpes Tourisme & Sylvain de l'Office de Tourisme de Chamrousse / Consulter l'ensemble des articles du Blog de Grenoble Alpes Tourisme
Une traversée jusqu'au bout
Le GR®738 - ou Haute Traversée de Belledonne, est une itinérance pédestre de 126 km et 10 000 m de dénivelé positif. Divisé en 11 étapes, il parcourt intégralement le massif de Belledonne du Nord au Sud, d’Aiguebelle à Vizille. Au départ de Chamrousse, la descente vers Vizille signifie que vous en êtes à la dernière étape de cette grande aventure. Vous touchez au but.
Alors, après tous ces kilomètres et dénivelés avalés, vous vous demandez si cela vaut le coup de quitter ce monde minéral pour réaliser cette ultime étape à pied... On vous spoile, mais la réponse est oui ! Ce n’est pas parce que vous quittez la haute montagne que le chemin s’arrête là.
La 11e et dernière étape du GR®738, qu’est-ce que c’est ?
- Chamrousse – Vizille
- Départ : Recoin
- Arrivée : Vizille
- Dénivelé estimé : +410 m / -1785 m
- 17 km
- Environ 5h de marche

Avec Sylvain de l’Office de Tourisme de Chamrousse, nous avons, le temps d’une matinée, découvert cette dernière étape. Nous avons traversé une grande variété de paysages, rencontré les habitants (à deux ou quatre pattes), et profité d’une descente progressive vers la vallée. Nous étions accompagnés par un guide de moyenne montagne, qui nous a partagé tous les petits secrets de cet itinéraire et quelques conseils pour profiter pleinement de cette fin de parcours que nous vous livrons aujourd’hui.
À votre tour de profiter de cette étape boisée avant le retour à la vie quotidienne !

Derniers pas sur le GR®738, de Chamrousse à Vizille
Après avoir arpenté le monde minéral de Belledonne, cette ultime étape vous propose une belle descente arborée entre hêtres, frênes et érables. Ce dernier jour offre une tout autre palette de couleur, qui permet de quitter le monde sauvage pour revenir tout en douceur vers la vallée. La transition se fait naturellement et permet de se remémorer sa traversée.
La forêt domaniale de Prémol vous conduit non loin de la Réserve Naturelle du Luitel : site remarquable à 1250 m, ces tourbières vous plongent d’entrée dans une toute autre ambiance, végétale et féerique.
Puis, le paysage change petit à petit pour retrouver de beaux chemins forestiers traversant les hameaux de Montsec et Montjean.
Sylvain et moi avons apprécié la tranquillité de ces sentiers, qui nous rappellent les activités d’autrefois : on se prend à rêver devant cet ancien four à bois, ces beaux murets en pierre, ces vestiges de maison avec ses pignons à redents...
Et tout d’un coup, après cette parenthèse enchantée, nous voilà enfin arrivés à Vizille, au terme de notre épopée. Et pour une transition réussie, quoi de mieux qu’une pause au Domaine de Vizille et surtout d’une sieste bien méritée dans ce cadre idyllique.

Chamrousse, une dernière nuit sur le GR©738 dans un lit confortable ou sous les étoiles
Ultime étape du GR®738. Après des jours de marche, Chamrousse marque un retour progressif vers l’agitation du monde. Ici, la montagne s’adoucit, les sapins bordent les sentiers, et l’on devine, au loin, le halo des lumières urbaines. C’est une fin de parcours qui laisse le choix : celui de s’offrir une dernière nuit dans le confort d’un lit, un repas chaud dans une auberge, ou celui de prolonger encore un peu la magie, bivouaquer face aux sommets, et s’endormir sous le grand ciel. Une transition douce, entre la haute montagne et le retour au monde. Quelle que soit l'option choisie, le confort et la chaleur d'un lit, ou la poésie et l'authenticité d'une nuit en bivouac, Chamrousse propose un retour doux et progressif à la vie réelle.
Une étape où la nature et l’homme cohabitent en harmonie

La végétation foisonnante des sous-bois et des prairies
Ce que nous avons apprécié sur ces sentiers, c’est cette couleur verte omniprésente : au mois de juin, les prés n’étaient pas encore fauchés, nous avons pu observer les pelouses en fleurs parsemées de rhinanthes têtes-de-coq, pimprenelles, garances voyageuses, et bien sûr, la gentiane jaune ! Cette dernière, bien connue des pelouses alpines - et des amateurs de liqueur - jonchent les chemins en sortant des bois. Attention toutefois à ne pas la confondre avec le vératre blanc qui est lui venimeux et toxique (mortel pour les hommes). Voici une astuce pour les différencier : les feuilles de la gentiane sont opposées (positionnées en face-à-face et au même niveau) et celles du vératre alternent (isolées et dispersées alternativement de part et d’autre de la tige).

Un sol qui dévoile le secret des océans
À Chamrousse, dans le sol sous nos pieds, se cache une histoire. En plus du granite et du gneiss que l'on trouve dans le massif de Belledonne, on trouve un morceau d'océan. Oui, littéralement, un morceau de la croûte océanique. Ce phénomène qu’on appelle une ophiolite est un empilement de roches venues des profondeurs de l’océan. On y trouve des péridotites, des gabbros, des roches sombres et denses qui racontent une histoire venue des abysses. En marchant sur ces sentiers, on foule les restes d’un monde englouti. La montagne devient alors un témoin discret du passé de la Terre, et Chamrousse un lieu où les sommets nous parlent d’océans disparus.
Les traces des habitants silencieux de la forêt
En cheminant, nous observons quelques indices du passage des habitants de la forêt : ici des traces de cerfs, là de renards ou sangliers visibles pour les yeux aguerris de ceux qui savent les reconnaître. Vipères et chevreuils nous observent en silence ; si l’on tend bien l’oreille, nous entendons les pinsons, rouges-gorges et troglodytes qui chantonnent sur notre passage.

Sur le chemin : hameaux et vie alpine
Les hameaux que nous traversons nous révèlent les modes de vie d’autrefois et nous donne envie d’en savoir plus sur le passé de ces villages. Mont Sec et Montjean témoignent des activités humaines passées lorsque nous cheminons face aux cultures en terrasse, longeons d’anciens murets de pierre et vestiges d’habitations. Nous avons été surpris de voir que le massif de Belledonne abritait anciennement des maisons avec des pignons à redent - ou sauts de moineau -, plutôt caractéristiques de nos voisins du Vercors !
Nous entendons en cheminant un son d’accordéon qui provient d’une maison habitée du village... C'est vraiment bucolique !
La toponymie nous dévoile aussi quelques indices : le nom du hameau Mont Sec, provient de sa situation géographique, avec ses pentes au soleil. Dans le vallon en dessous, on retrouve d’ailleurs deux drôles de noms, donnés aux habitants de Séchilienne et de Saint-Barthélemy-de-Séchilienne : les "culs rôtis" pour les premiers car ils vivent au soleil et "culs gela" pour les seconds qui restent à l'ombre l'hiver.

Un autre point de vue sur la vallée
C’est d’ailleurs au col de la Madeleine que nous pouvons observer ce vallon avec le village de Séchilienne en bas et celui de Saint-Barthélemy-de-Séchilienne en face à flanc de montagne. Le paysage s’ouvre sur le plateau Matheysin, nous offrant un sublime panorama à 1160 m d’altitude : face à nous, l’Alpe du Grand Serre, le Taillefer, les alpages du Conest et du Senepy.
De l’autre côté, la vue sur la Cluse de Voreppe nous replonge dans le temps où le glacier de l’Isère séparait les deux massifs préalpins de la Chartreuse au nord et du Vercors au sud.
Toutes ces montagnes offrent de beaux sentiers à arpenter et nous donne déjà envie de repartir à l’aventure ! Pour l’heure, c’est l’arrivée qui nous attend.

Une arrivée à Vizille pour clôturer la traversée
Aucun panneau n’atteste officiellement notre arrivée, pourtant, vous y êtes ! Vizille est le point d’arrivée et pas des moindres, puisque vous vous trouvez dans le berceau de la Révolution française.
Nul besoin de rejoindre la civilisation tout de suite, redescendez tranquillement (mais prudemment, car vous longez la route) au Domaine de Vizille. La traversée prend fin ainsi que cette belle dernière étape. Vous pouvez enfin vous délester de votre sac et profiter de ce parc d’une centaine d’hectares pour piquer un petit somme, bercé par le son du canal, des oies et canards joueurs. Dans cet écrin de verdure, vous pouvez aussi, si l’histoire du lieu vous tente, visiter le musée de la Révolution française qui est abrité dans le Château de Vizille - même si vous vous ferez un peu remarquer en mérinos/polaire, dans ce beau décor de châtelain. Vous pouvez aussi vous installer à la terrasse du Floréal, pour un café bien mérité, une petite douceur ou un bon repas.


Votre traversée s’achève avec de beaux paysages plein la tête, entre monde minéral et forestier. Cette dernière étape peut aussi faire l’objet d’une jolie balade à la journée, pour découvrir le charme bucolique de ce sentier. Pour ma part, cela m’a bien donné envie d’y retourner !
Pour aller à Grenoble, plusieurs options :
- Prendre le bus depuis Vizille pour Grenoble : depuis la place du Château avec le bus 23 (terminus le campus de Saint-Martin-d'Hères) ou le T75 et depuis la halte routière de Chantefeuille avec le C13 et T90 pour Grenoble gare.
- Prendre le train depuis la gare de Jarrie-Vizille, à 10 minutes en bus de Vizille pour la gare de Grenoble
Vous pourrez ensuite reprendre le train à Grenoble jusqu’à Aiguebelle.
Quels outils pour vous accompagner sur cette traversée ?
Du topoguide FFRandonnée "Haute traversée de Belledonne - GR®738 - Réf 738" qui détaille étape par étape le GR©738, avec les hébergements, refuges et ravitaillements sur le chemin, les sentiers, les lieux emblématiques du parcours.
Le dépliant et le site de l’Espace Belledonne, pour visualiser la traversée entière sur une carte, version digitale ou papier, disponible à Grenoble Alpes Tourisme.
La carte IGN TOP 25 3335 OT qui couvre le secteur des dernières étapes du GR®738.
FAQ étape entre Chamrousse et Vizille
Est-ce que l’itinéraire est bien balisé jusqu’à Vizille ?
L’itinéraire suit le balisage standard rouge et blanc du GR® et reste bien identifiable jusqu’à Vizille.
Le GR descend-il directement sur Vizille ou passe-t-il par des détours (plateau de l’Arselle, Luitel, etc.) ?
Le tracé part du Recoin, à Chamrousse, traverse la réserve naturelle du Luitel, descend jusqu’au col de la Madeleine, puis passe par les hameaux de Mont Sec et de Montjean, avant de déboucher à Vizille par la route, derrière le château. Il ne passe ni par le plateau de l’Arselle, ni par Roche Béranger.
Y a-t-il des points d’eau sur le chemin ?
Vous trouverez des points d’eau confirmés à la fontaine de Boulac (près d’une cabane) et à la fontaine de Mont Sec après le col de la Madeleine.
Est-ce qu’il y a des endroits pour se reposer, boire un verre ou manger à Vizille ?
Vizille est une petite ville avec des boulangeries, bars et restaurants ainsi qu'un camping et des hôtels.
Peut-on visiter le Domaine de Vizille juste après l’arrivée ?
Le Domaine de Vizille est ouvert de juin à août, tous les jours de 9h à 20h et de septembre à octobre de 9h à 19h avec une fermeture le mardi. Le musée ferme plus tôt.
Est-ce que ça tape fort sur les genoux à la descente ?
La descente est soutenue et s'étend principalement en forêt, sans sections techniques exposées. Le terrain est stable mais peut solliciter les articulations.