Des dragons protecteurs à Saint-Laurent - Grenoble France

Des dragons protecteurs à Saint-Laurent

HISTOIRE & SECRETS #3

Amoureux du patrimoine caché, nous vous dévoilons l’histoire de détails architecturaux et du patrimoine de la Métropole grenobloise.

Sur la rive droite de l’Isère, le quartier Saint-Laurent s’étend au pied de la Bastille. L'emblématique église Saint-Laurent est riche d’une histoire quasiment millénaire.

Si ses mystères ont fait le bonheur des historiens et des archéologues - Jacques-Joseph Champollion, frère et mentor de l’égyptologue notamment -, il reste encore des énigmes à percer dans ce lieu chargé de symboles.


Une histoire d’inondations

Sur le haut du chevet de l’église, on trouve des bas-reliefs étranges. Sculptés en épargne, c’est-à-dire creusés dans la pierre, ils représentent deux reptiles ailés.

Serpents ou dragons ? La question n’est pas anodine ici, Grenoble étant entourée de deux rivières surnommées le Serpent pour l’Isère et le Dragon pour le Drac.

Il faut dire que les deux cours d’eau ont causé des dommages importants à la ville depuis le Moyen Âge. Les inondations catastrophiques font partie intégrante de l’histoire grenobloise : la meurtrière de 1219, la poétique de 1733 racontée par Blanc La Goutte ou encore l’inattendue de 1859, dont les marques de crue (en fonte) sont visibles dans les rues de Grenoble.


 

Une énigme de l’art roman

Les serpents ailés de Saint-Laurent font face à l’Isère : il pourrait donc s’agir d’un symbole de protection contre les inondations. Datant de la reconstruction de 1150, ces dragons ondulants sont de beaux exemples du bestiaire de l’art roman. Ils sont confrontés à des monstres ailés : seul celui de gauche est encore perceptible.

En réalité, nous ne savons pas exactement ce que signifient ces créatures.

Les serpents sur les chevets d’églises sont, en général, terrassés par Saint Michel. Ici, ils serpentent tranquillement et ornent sobrement Saint-Laurent - à tel point que les nombreux promeneurs montant à la Bastille ne les remarquent même pas !

Pourtant, ils sont bien là, provoquant la curiosité des amateurs de mystères qui trouveront leur bonheur en poussant les portes du Musée Archéologique Saint-Laurent.